Thèse : Soutenir la résilience des territoires d’élevage face aux crises sanitaires

63122 Saint-Genès-Champanelle

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Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Environnement de travail, missions et activités

Vous exercerez votre activité au sein de l’Unité Mixte de Recherche EPIdemiologie des maladies Animales et zoonotiques (EPIA), tout en étant également rattaché.e à l’Unité Mixte de Recherche BIOlogie Epidémiologie et Analyse de Risque en santé animale (BIOEPAR) à Nantes (déplacements à prévoir).

La thèse sera dirigée par Gwenaël VOURC’H (Directrice de recherches à INRAE) et co-encadrée par Julie DUVAL (Chargée de recherche INRAE en zootechnie à l’UMR BIOEPAR) ainsi que Sandrine PETIT (Ingénieure de recherche en géographie INRAE au Centre d'Economie et de Sociologie Appliquées à l'Agriculture et aux Espaces Ruraux  (CESAER)).

Votre mission consistera à conduire un travail de thèse universitaire sur la thématique de la résilience des territoires d’élevage face aux crises sanitaires. 

Enjeux scientifiques et socio-économiques auxquels répond le projet de thèse

Les territoires d’élevage sont aujourd’hui confrontés à une accumulation de crises interdépendantes, sanitaires, climatiques, économiques et environnementales, qui fragilisent les systèmes agricoles et les socio-écosystèmes. Les crises sanitaires animales illustrent particulièrement bien cette vulnérabilité. Elles peuvent entraîner des pertes économiques importantes, mais aussi fragiliser durablement les exploitations, les filières en amont et en aval ainsi que le tissu économique et social des territoires concernés.

Les réponses apportées à ces crises sanitaires restent cependant souvent centrées sur leur gestion immédiate et ne conduisent pas nécessairement à des transformations durables. Dans un contexte d’incertitude structurelle, l’enjeu est donc de passer de stratégies essentiellement réactives à des approches systémiques, préventives et transformatrices permettant de renforcer la résilience des territoires d’élevage. 

Le territoire constitue une échelle particulièrement pertinente pour cette réflexion, car il permet d’articuler dimensions économiques, sociales, environnementales, sanitaires et institutionnelles. Les approches One Health, qui reconnaissent les interdépendances entre santé humaine, animale et environnementale, pourraient constituer un levier important de cette transformation en favorisant la coopération entre acteur.trice.s, le partage des connaissances et une gouvernance plus intégrée. Leur mise en œuvre demeure néanmoins confrontée à des difficultés de décloisonnement institutionnel et professionnel, de coordination et de définition d’objectifs communs.

Enfin, la transformation des territoires ne repose pas uniquement sur des innovations techniques ou organisationnelles. Elle implique également les représentations, les valeurs et les relations entretenues avec le vivant. Le renforcement du lien au vivant pourrait ainsi favoriser l’émergence de nouvelles manières de penser la santé, l’élevage et la durabilité.

Objectifs et approche envisagés

La thèse vise à répondre à la question de recherche : Comment outiller les acteur.trice.s des territoires d’élevage pour construire des trajectoires de résilience face aux crises sanitaires, et dans quelle mesure les approches One Health et le renforcement du lien au vivant constituent-ils des leviers de cette transformation ?

La recherche adoptera une approche interdisciplinaire et comparative, mobilisant des méthodes quantitative, qualitatives et d’analyse territoriale. Deux territoires d’élevage présentant des trajectoires contrastées seront étudiés. Un premier terrain pourra être un territoire ayant engagé une réflexion collective autour de la santé globale, associant notamment professionnel.le.s de santé, vétérinaires et éleveur.euse.s. Et un second territoire fragilisé par des crises sanitaires récentes (par exemple un territoire concerné par la tuberculose bovine en Normandie ou par la grippe aviaire en Vendée). Le choix définitif reposera sur une analyse bibliographique et territoriale préalable.

En s’appuyant sur la littérature scientifique et des analyses comparées de deux territoires d’élevage cette thèse vise à répondre aux questions suivantes :

1 - cadrage : Comment construire un cadre d’analyse de la résilience territoriale dans une visée One Health, intégrant la dimension du lien au vivant ? 

2 – diagnostic : Quels sont les facteurs de résilience des systèmes d’élevage et des territoires, et comment sont-ils perçus et construits par les différent.e.s acteur.trice.s ? 

3 - trajectoire : Comment les facteurs de résilience identifiés se traduisent-ils concrètement sur la façon dont les territoires d’élevage ont traversé des crises sanitaires passées ? 

4 – prospective : Comment co-construire avec les acteur.trice.s des différentes santés (animales, humaines et de l’environnement) des scénarios de transformation territoriale vers plus de résilience, en s’appuyant notamment sur le renforcement du lien au vivant ?

Vous serez plus particulièrement en charge de :

  • réaliser un travail de bibliographie sur les notions de résilience à différente échelles (espace-temps) et les indicateurs d’évaluation, la mise en place d’approches One Health et des démarches favorisant le lien au vivant afin d’identifier les méthodes et les échelles de travail (amorçage question 1) (mois 1 à 6) ;
  • identifier deux territoires d’étude permettant d’étudier des trajectoires de résilience contrastées (mois 1 à 6) ;
  • conduire un diagnostic des facteurs de résilience sanitaire territoriale par la réalisation d’entretiens (mois 6 à 20) ;
    • entretiens 1 : consultation d’expert.e.s et réalisation d’un diagnostic sociotechnique auprès des acteur.trice.s des deux territoires
    • entretiens 2 : auprès d’éleveur.euse.s pour l’analyse de la résilience à l’échelle du système d’élevage et du territoire
    • entretiens 3 : compréhension du vécu des acteur.trice.s, les initiatives en cours, la place des approches One Health et du lien au vivant pour construire une résilience territoriale
  • participer à la conception, la conduite et l’analyse d’ateliers de dialogues avec les acteur.trice.s pour restituer et discuter collectivement de l’analyse des trajectoires de résilience du territoire et un atelier de conception pour co-construire des scénarios de transformation territoriale (mois 21 à 30) ;
  • analyser des matériaux de la thèse et rédaction du manuscrit de thèse (mois 31 à 36).

La date de prise de fonction pourra se faire entre décembre 2026 et janvier 2027.

Conditions particulières d’activité : Déplacements sur le terrain à prévoir. 

Formations et compétences recherchées

Doctorat

Formation souhaitée : ingénieur.e agronome ou zootechnicien.ne, vétérinaire, avec une spécialité ou une expérience de travail en interdisciplinarité en sciences humaines et sociales.

Connaissances souhaitées : une bonne connaissance du monde agricole, de l’élevage, connaissances et maîtrise des méthodes d’enquête qualitatives, des outils d’analyse des sciences sociales.

Expérience appréciée : une expérience et un attrait pour les enquêtes de terrain, la collaboration avec des acteur.trice.s issu.e.s de secteurs professionnels et institutionnels variés.

Aptitudes recherchées : un intérêt fort pour l’interdisciplinarité, pour les démarches participatives et la co-construction et des bonnes capacités de rédaction et communication, en français et en anglais. 

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein) ;
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Le site de Theix situé à Saint-Genès-Champanelle est desservi par la ligne T2C numéro P39 ainsi qu’une ligne de transport à la demande, il est également équipé de stationnements et de services dédiés à la pratique du vélo.

Modalités pour postuler

Merci de transmettre aux adresses mail indiquées :

  • votre CV ;
  • une lettre de motivation ;
  • vos relevés de notes de Master 1 et 2.

Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr

Référence de l'offre

  • Contrat : Thèse
  • Durée : 36 mois
  • Début du contrat : 01/12/2026
  • Rémunération : 2 300€ brut par mois en 2026, évolutif conformément à l'arrêté du 29 août 2016
  • N° de l'offre : OT-30689
  • Date limite : 10/11/2026

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