Post-doctorat : Modélisation des dynamiques transitoires des systèmes socio-écologiques

63170 Aubière

Retour à la liste des résultats

Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Environnement de travail, missions et activités

Vous travaillerez au sein de l’Unité de Recherche Laboratoire d’Ingénierie pour les Systèmes Complexes (LISC).

Les travaux de l’Unité portent des recherches sur :

  1. la modélisation des systèmes dynamiques en transition ;
  2. l'élaboration de politiques d'action à partir de l'analyse de ces modèles.

Les recherches qui y sont menées visent à étudier et à comprendre la dynamique des systèmes dynamiques et les propriétés émergentes résultantes. 

Contexte

  • SITINERE (Sobriété et gestion des déchets dans les écosystèmes urbains : quelle économie circulaire soutenable ?) est un projet interdisciplinaire déposé dans le cadre du PEPR Ville Durable et Bâtiments Innovants (appel PITT, Défi 3 « la ville sobre et frugale »). Porté par Clarisse CAZALS (Unité de Recherche Environnement, Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés), il mobilise cinq équipes de recherche en économie, sociologie, science politique, sciences de l'ingénieur et modélisation sur la période 2026-2030 :
  • l’Unité de Recherche Environnement, Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés ;
  • l’Unité de Recherche Laboratoire d’Ingénierie pour les Systèmes Complexes, l’Institut de Mécanique et d'Ingénierie ;
  • Bordeaux School of Economics ;
  • le Laboratoire Dynamiques Sociales et Recomposition des Espaces. 

Le projet part du constat que le récit dominant sur l'économie circulaire (EC) masque la diversité des modèles qui coexistent, ou coexisteront, en ville (productiviste, territorialisé, environnemental, solidaire) et leurs effets différenciés sur la sobriété, les inégalités environnementales et le travail. Sa question de recherche est : « Dans quelle mesure la coexistence de différents modèles d'économie circulaire au sein des écosystèmes urbains peut-elle contribuer à une transition soutenable (écologiquement efficace, économiquement viable et socialement juste) ? ». 

Plus précisément, le projet interroge :

  • La diversité et l'hybridation des modèles : comment les différents modèles d'EC (productiviste, territorialisé, environnemental, solidaire) coexistent, entrent en concurrence pour l'accès aux ressources et aux espaces, ou s'hybrident entre eux dans les villes ?
  • Les effets de cette coexistence : quels effets (parfois contradictoires) cette coexistence produit-elle en matière de sobriété, de circularité, d'inégalités environnementales et de conditions de travail ?
  • Les transformations concrètes : comment ces dynamiques transforment-elles les chaînes de valeur (de la production à la consommation) et font évoluer les pratiques de gestion des déchets en ville ?
  • Les tensions et conflits : quels conflits, compromis et effets ces transformations engendrent-elles sur les inégalités environnementales (exposition aux risques, accès aux ressources, capacité à protéger l'environnement) ?

L'hypothèse sous-jacente est que la soutenabilité de ces modèles dépend de la manière dont ils s'articulent entre eux et transforment les usages des ressources via la gestion des déchets, cette articulation générant plus ou moins d'inégalités sociales et environnementales, y compris au travail.

Le projet teste cette hypothèse sur un terrain précis : la gestion des déchets inertes du Bâtiment et Travaux Publics (BTP) et non inertes (ménages, restauration) dans deux territoires contrastés, Bordeaux Métropole et le Grand Angoulême. Il mobilise une approche méthodologique complexe qui combine approches théoriques et empiriques via : 

  1. Un questionnement théorique nourri par un dialogue entre deux types de modélisation : 
    1. une modélisation qualitative (grille théorique des 4 modèles d'EC) ;
    2. une modélisation multi-agents des dynamiques de coexistence/hybridation entre modèles.
  2. Une approche empirique fondée sur des enquêtes de terrain (entretiens, observations, analyse du cycle de vie, analyse de flux de matière) sur des cas concrets tel que le tri des biodéchets, l’implantation d'un incinérateur à Angoulême et les filières de réemploi dans le BTP.

Le post-doctorat s’inscrit dans la partie 1.a. de la méthodologie énoncée ci-dessus. L’enjeu consiste à développer une modélisation multi-agents théorique s’intéressant à la production et l’exploitation des déchets via la production et la consommation de produits. Des travaux préliminaires, menées dans le cadre de l’Economie Computationnelle fondée sur les Agents (Leigh Tesfatsion, 2002, 2025 ; R.L. Axtell and J. Doyne Farmer, 2025) par les membres du projet, se sont attachés à développer un premier système multi-agents (SMA) pour l’étude de (S. Huet, S. Bernard, C. Cazals, J.D. Mathias, 2025). Inspiré par les travaux de Salais et Storper (1994) pour ses dynamiques, ce premier SMA souffre toutefois d’une intégration très pauvre et critiquable de la composante travail. Cette composante est pourtant essentielle, tant pour Salais et Storper, que pour les 4 modèles EC de la modélisation qualitative et plus largement pour la problématique du projet. 

Le travail est en effet abordé dans les 4 modèles au travers de sa productivité, plus précisément de son financement (emplois en insertion au sein de l’économie sociale et solidaire, emplois financés par le secteur marchand), mais aussi au travers des tâches à effectuer pour la mise en œuvre de l’économie circulaire, tâches qui requiert des compétences plus ou moins spécifiques et/ou rares et qui sont plus ou moins créatrice de valeur. Il ressort par ailleurs d’interviews menés par les personnes porteuses du projet, que le travail requis pour mettre en place une économie circulaire est doté de propriétés particulières. Il requiert souvent peu de compétences qui soient difficiles à acquérir, les compétences en question sont toutefois rares au sein de la population active (pas de formation ad hoc, peu de formations sur le terrain dans la mesure ce travail n’existait pas hors économie circulaire). On citera en exemple les tâches inhérentes au démontage, au tri, à la collecte, à la réparation. Le travail occupe ainsi une place transversale et structurante dans le projet SITINERE, bien qu'il ne constitue pas un objet isolé mais soit systématiquement articulé aux enjeux de sobriété et de justice environnementale. Il n’est pas seulement présent via les dynamiques fondant le SMA, ou via les modèles d’EC qualitatif. Il est aussi abordé dans l’approche empirique via l'étude des conséquences des filières de réemploi dans le BTP sur les transformations du travail, des formations aux métiers des déchets et à la santé au travail dans le BTP, ou encore l'analyse de l'expérience des travailleur.euse.s exposé.e.s aux risques liés à l'implantation d'un incinérateur à Angoulême (un terrain d'étude au cœur de la thèse de sociologie associée au projet, qui interroge explicitement les inégalités sociales d'exposition aux risques « depuis l'expérience des travailleur.euse.s ainsi que des populations riveraines »). 

Question de recherche

Le post-doctorat devra donc aborder la question du travail :

  1. en déterminant le ou les modèles dynamiques « agents » pertinentes en relation avec le travail (besoin de travail, type de travail, coût de travail, propriétés et disponibilités des travailleur.euse.s et du travail qu’ils fournissent, financement du travail, …) ; 
  2. faire évoluer le SMA existant pour une prise en compte de ces dynamiques ;
  3. en étudiant le ou les SMA amélioré de façon à formaliser les enjeux du travail dans l’émergence et le maintien de différentes formes de coexistence d’économie circulaire. 

Le premier point vous amènera notamment à encadrer un.e ou des stagiaires et à travailler avec la post-doctorante basée à l’Unité de Recherche Environnement, Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés (ETTIS) qui mèneront des enquêtes de terrain pour mieux comprendre « le travail » dans différentes formes d’économie circulaire. Il en sera ainsi par exemple pour la question de la vision du travail mais aussi la décision sur le travail en lien avec un nécessaire équilibre financier pour les entreprises relevant de l’économie sociale et solidaire. Ce dernier sujet ne bénéficie en effet pas de littérature scientifique. Pour mener ces collaborations vous pourrez être accueilli.e ponctuellement à ETTIS sur le site de Gazinet Cestas. 

Bibliographie 

Axtell, Robert L., and J. Doyne Farmer, 2025. Agent-based modeling in economics and finance: Past, present, and future. Journal of Economic Literature 63.1 (2025): 197-287.

Huet, S. Bernard, C. Cazals, J.D. Mathias, 2025. An agent-based approach as a neutral model to study transition towards circular economy. France's International Conference on Complex Systems FRCCS, Université de Bourgogne, May 2025, Bordeaux, France. ⟨hal-05156736⟩

Salais et Storper (1994).

Tesfatsion Leigh, 2002. Agent-Based Computational Economics: Growing Economies from the Bottom Up. Artificial Life, Volume 8, number 1, 56-82.

Tesfatsion Leigh, 2025. Design strategies for integrated transmission and distribution systems: an expanding toolkit. Current Sustainable/renewable Energy Reports, 2025, 12-31.

Formations et compétences recherchées

Doctorat

Formation recommandée : Doctorat en économie/modélisation. 

Connaissances souhaitées : Economie, modélisation mathématique, multi-agents, informatique.

Expérience appréciée : Modélisation agents, rédaction scientifique.

Aptitudes recherchées : Intérêt pour la recherche et la pluridisciplinarité, aptitudes à travailler de manière autonome et en équipe.

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein) ;
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Le site des Cézeaux est desservi par la ligne de Tram A, il est également équipé de stationnements et de services dédiés à la pratique du vélo.

Modalités pour postuler

Merci de transmettre par mail :

  • un CV et une lettre de motivation ;
  • un travail personnel (mémoire, article, projet, …), dans lequel vous démontrez vos compétences rédactionnelles (et scientifiques) ;
  • les noms et coordonnées de deux références qui pourront être contactées ultérieurement dans la procédure de sélection.

Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr

Référence de l'offre

  • Contrat : Postdoc
  • Durée : 18 mois
  • Début du contrat : Dès que possible
  • Rémunération : A partir de 3 135,81€ brut mensuel
  • N° de l'offre : OT-30589
  • Date limite : 30/10/2026

Contact

Venir en France

Notre guide des accueils internationaux