Transformation agroécologique des moyennes et grandes fermes via des formes collectives d’organisations du travail : analyse des trajectoires et scénarisation

35042 Rennes

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Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Environnement de travail, missions et activités

Cette thèse s'intéresse à un enjeu majeur pour la transition agroécologique : la transformation des fermes conventionnelles de moyenne et grande taille au moment de leur transmission, une période clé où se jouent à la fois le renouvellement des générations agricoles et les trajectoires futures des systèmes de production. Face au risque d'une poursuite des dynamiques d'agrandissement et de spécialisation, le projet explore les conditions permettant de concevoir des modèles agricoles plus diversifiés, biologiques, résilients et socialement viables. L'objectif est de comprendre comment ces transformations peuvent être séquencées dans le temps, en articulant diversification des productions, évolution des modèles économiques et nouvelles formes d'organisation du travail. La thèse développera d'abord un cadre d'analyse fondé sur des études de cas rétrospectives de fermes ayant déjà engagé une telle transition, combinant enquêtes qualitatives et données quantitatives. Elle concevra ensuite une méthode de scénarisation permettant d'explorer différents parcours de transformation, avant de la tester dans des projets réels de reprise ou d'installation en partenariat avec des acteurs de terrain. Le projet repose sur une approche fortement interdisciplinaire, à l'interface de l'agronomie, de l'économie et du design. Il associe analyse de trajectoires, modélisation, représentation graphique et co-conception avec les structures d'accompagnement afin de produire un outil d'aide à la décision à la fois scientifiquement robuste et directement mobilisable par les acteurs de la transition agroécologique.

Enjeux du projet :

Pour renforcer la durabilité et la capacité d’adaptation de l’agriculture face au changement climatique il y a un enjeu fort à identifier des voies de transformation agroécologique des grandes fermes conventionnelles spécialisées. Nous définissons ici cette transformation agroécologique comme une conversion à l’agriculture biologique et une diversification des productions et des activités qui peut prendre différentes formes : diversification des cultures, intégration de composantes pérennes (prairies, arbres, etc.), réintroduction de l’élevage, développement de la production d’énergie, d’ateliers de transformation, de circuits courts de commercialisation, voire des activités agritouristiques. Le moment de la transmission de la ferme, au départ à la retraite du dirigeant, semble constituer une fenêtre d’opportunité particulièrement favorable à ce type de reconfiguration stratégique.

Cet enjeu est d’autant plus important que le nombre et la taille de fermes à transmettre vont fortement augmenter dans les prochaines années. En France, la moitié des fermes est dirigée par au moins un agriculteur âgé de 55 ans ou plus. Ces dirigeants ont ainsi déjà atteint l’âge légal de départ à la retraite ou l’atteindront d’ici 2030. À défaut de repreneurs, ces fermes sont souvent absorbées dans des dynamiques d’agrandissement, qui s’accompagnent de changements peu propices à l’agroécologie (de Roest et al., 2018; Parré et al., 2024; Shriya et al., 2026) comme (i) une spécialisation accrue des systèmes de production et la recherche d’économies d’échelle, (ii) de nouvelles organisations du travail (par exemple la délégation à des entreprises de travaux agricoles qui concernaient 3% des fermes en 2010 et 9% en 2020) et (iii) l’augmentation de l’échelle de travail (diminution du nombre de travailleurs par unité de surface). 

Il y a donc un enjeu central à penser la transformation agroécologique des fermes moyennes à grandes, définies ici comme des fermes dont la SAU est supérieure à la médiane régionale, en particulier au moment de leur reprise. Nous faisons l’hypothèse que la transformation agroécologique d’une grande ferme doit s’appuyer sur une diminution de son échelle (c’est-à-dire l’augmentation du travail humain par unité de surface) compte tenu de la diversité des productions et des ateliers augmentant potentiellement la charge et la complexité du travail, les compétences requises ainsi que les investissements nécessaires. La transformation agroécologique des grandes fermes semble ainsi devoir s’appuyer sur des formes collectives et de nouvelles d’organisation du travail, dont les modalités peuvent être diverses. Certains réseaux engagés dans le renouvellement des modèles agricoles, tels que Terres de Liens ou Fermes en Vie, défendent une vision dans laquelle la reprise des grandes fermes peut s’accompagner de la constitution de fermes collectives réunissant plusieurs associés, notamment sous des statuts de type GAEC ou SCOP. Toutefois, les observations de terrain montrent que d’autres formes organisationnelles peuvent également soutenir ces trajectoires de transformation comme un recours accru au salariat qualifié ou des configurations en réseau associant plusieurs entreprises juridiquement indépendantes mais fortement coordonnées dans leurs activités et leurs ressources.

Formations et compétences recherchées

Master/Ingénieur (Bac+5)

Niveau ingénieur ou master II en agronomie ou agroécologie avec une ouverture aux sciences sociales et à l’économie. 

Expérience souhaitée sur la recherche et la synthèse bibliographique, l’analyse et l’évaluation des systèmes agricoles, la gestion de base de données, le traitement de données quantitatives et qualitatives

Esprit de synthèse

Autonomie et organisation

Disposition au travail en équipe pluridisciplinaire

Permis B. 

Maîtrise du français et de l’anglais pour l’écriture, la lecture et la communication orale

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Modalités pour postuler

 Site Amethis pour postuler :

https://amethis.doctorat.org/amethis-client/prd/consulter/offre/3770

Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr

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Référence de l'offre

  • Contrat : Thèse
  • Durée : 3 ans
  • Début du contrat : 01/12/2026
  • Rémunération : 2300€ brut
  • N° de l'offre : OT-30497
  • Date limite : 17/09/2026

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