Postdoc OT-30212
Penser l’agroécologie au prisme de l’autonomie territoriale : analyse des interdépendances matérielles et de la politisation des agriculteurs et agricultrices
31320 AUZEVILLE TOLOSAN
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Présentation INRAE
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.
Environnement de travail, missions et activités
Vous travaillerez à l’UMR AGIR (AGroécologie - Innovations – TeRritoires) de Toulouse, et vous intégrerez l’équipe INARI (Innovation et Nouvelles Approches pour une Recherche Intégrée en agroécologie).
Vous effectuerez des missions régulières de terrain. Le postdoctorat sera encadré par Carine Pachoud (Géographe, Professeure Junior à l’UMR AGIR/INRAE)
L’agroécologie est considérée comme un moyen de construire des systèmes agri-alimentaires soutenables en opposition au modèle agro-industriel dominant. L’autonomie, comprise ici comme une émancipation à la fois matérielle et politique des agriculteur·rices au système agro-industriel, apparait comme un principe primordial de l’agroécologie. Inscrit dans une agroécologie politique en émergence, ce postdoctorat a pour objectif de contribuer à une approche territoriale de l’autonomie des agriculteur·rices. Tout d’abord, la personne recrutée analysera l’autonomie matérielle, à partir de l’étude de multiples interdépendances (entraide, échange…) entre la pluralité des agriculteur·rices d’un territoire. Ensuite, elle analysera comment ces interactions matérielles peuvent favoriser l’autonomie des agriculteur·rices sur un plan politique, comprise à la fois comme capacité réflexive de remise en cause des dépendances à l’agro-industrie et capacité d’agir vers plus d’autonomie matérielle
Dans l’objectif de contribuer aux recherches en agroécologie politique, vous approfondirez la question de l’autonomie des agriculteur·rices par une approche territoriale et dans une double perspective d’interactions matérielles et de processus de politisation. Le concept de territoire est compris ici dans une acception constructiviste (Del Biaggio et al., 2025) et en tant qu’espace de pluralité, riches d’interdépendances et de conflits (Pachoud et Koop, 2024).
Tout d’abord, vous étudierez les interactions matérielles entre la diversité des agriculteur·rices d’un territoire (conventionnel·les, bio, installé·es dans le cadre familial, hors cadre familial, etc.), en distinguant les relations de réciprocité non marchande des relations d’échange marchand (Sabourin, 2007). Vous définirez quels types d’interactions participent à l’autonomisation des agriculteur·rices et analyserez les structures et dynamiques relationnelles entre la diversité d’agriculteur·rices d’un territoire. Alors que la modernisation agricole a conduit à une réduction des interactions matérielles entre agriculteur·rices, les premières recherches montrent que les agriculteur·rices hors cadre familial et le plus souvent en bio participent à reconstruire activement des interactions dans les territoires.(Pachoud, 2024)
Ensuite, vous étudierez comment et sous quelles conditions les interactions matérielles peuvent favoriser la politisation des agriculteur·rices, c’est-à-dire les débats, les réflexions critiques sur leurs dépendances au système agro-industriel, et la transformation des pratiques vers des interdépendances choisies dans les territoires en faveur d’une autonomie matérielle. L’hypothèse ici est que la multiplication des interactions matérielles entre la pluralité des agriculteur·rices favorise les espaces de dialogue et la confrontation des points de vue, qui participent au processus de politisation.
Vous réaliserez une comparaison entre deux territoires présentant des contextes agricoles similaires. Le premier se situe dans la vallée de la Galaure, à cheval entre la Drôme et l’Isère. Ce territoire est déjà investi par Carine Pachoud. Le second se situe dans le Lauragais, entre la Haute-Garonne, l’Aude et le Tarn et sera enrichi par des travaux de chercheurs d’INRAE qui y ont travaillé. Ces deux territoires de collines présentent une agriculture relativement diversifiée, qui ne connaissent ni une spécialisation de qualité (AOP), ni une spécialisation intensive. L’hypothèse est que la diversité des productions, tout autant que la diversité des profils sociologiques des agriculteur·rices, favorisent l’autonomie territoriale.
Formations et compétences recherchées
- Doctorat en géographie, économie territoriale, sociologie ou anthropologie
- Des connaissances dans le domaine agricole et dans les études des transitions agroécologiques
- Goût pour le terrain et le lien avec les acteurs territoriaux
- Expériences de terrain en milieu rural
- Expériences dans la conduite et l’analyse d’entretiens semi-structurés et dans l’analyse de réseaux sociaux
- La maîtrise de R sera un plus
- Excellente maîtrise du français et de l’anglais
- Permis B
Votre qualité de vie à INRAE
En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :
- jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.
Modalités pour postuler
Pour candidater, merci d’envoyer un CV, une lettre de motivation et la liste de publications (en incluant les documents de vulgarisation) à carine.pachoud@inrae.fr
Dates des entretiens après sélection des dossiers : 22, 23 et 24 septembre 2026
Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr