Thèse : Comprendre les sources et les facteurs modulant les risques et bénéfices multiples associés à la transformation agroécologique d’une exploitation agricole.

31320 Castanet-Tolosan

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Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Vous serez accueilli-e au sein de l’unité MIAT (Mathématiques et informatique appliquées Toulouse) ou si besoin au CEBC (Centre d’Études Biologiques de Chizé).

MIAT est une unité de recherche INRAE composée d’environ 45 personnes réparties en quatre axes thématiques de recherches et  deux plateformes.

Ce travail de thèse proposé s’inscrit dans une démarche de recherche interdisciplinaire fondamentale, à la fois nécessaire et structurante, visant à proposer un cadre conceptuel permettant d’aborder les conséquences de la transformation agro-écologique à l’échelle d’une exploitation agricole. 

La transformation agro-écologique d’une exploitation agricole désigne une évolution profonde du modèle agricole dominant vers des systèmes plus diversifiés et adaptés aux ressources locales, notamment l’eau, et aux filières et débouchés locaux. Elle valorise les fonctionnalités des écosystèmes, comme la régulation naturelle des ravageurs, et repense l’organisation des cultures et des paysages, ainsi que les valeurs et perceptions des agriculteurs sur le fonctionnement des écosystèmes. Son objectif est de concilier performance économique, bien-être des agriculteurs et production alimentaire de qualité, et conservation de la biodiversité et d’un environnement sain. Elle implique l’adoption de nouvelles pratiques (réduction des pesticides, mélanges variétaux). La transformation agro-écologique repose sur une convergence entre trois échelles spatiales : le champ, la ferme et le paysage. À l’échelle du champ, elle s’exprime par l’évolution des pratiques agricoles. À l’échelle de la ferme, elle dépend des décisions des agriculteurs et des performances économiques. À l’échelle du paysage, elle favorise les processus écologiques et la biodiversité. L’exploitation agricole est envisagée comme un socio-écosystème où interagissent écosystèmes et activités agricoles pour former un écosystème agricole global. Ces interactions se déploient dans l’espace et le temps, entre champs et éléments paysagers. La proportion d’habitats semi-naturels est considérée comme un indicateur du fonctionnement global de cet écosystème. Ce fonctionnement repose sur une diversité spatiale (mélanges de cultures) et temporelle (rotations culturales).

Cette transformation entraîne simultanément une diversité de bénéfices et de risques, d’ordre écologique, environnemental, économique et social, qui interagissent de manière complexe et systémique. Si cette transformation a pour objectif de renforcer la résilience des systèmes en garantissant la production et le revenu de l’agriculteur tout en limitant les risques pour sa santé et pour la biodiversité, elle engendre également des vulnérabilités à différents niveaux. Les principaux risques identifiés concernent la viabilité économique de l’exploitation, le bien-être psychologique de l’agriculteur (perte de repères, lacunes en compétences techniques), la sécurité alimentaire, notamment durant la phase de transition, ainsi que la santé des plantes, des animaux et des humains face à l’émergence de nouveaux pathogènes. Ces risques et opportunités influencent l’ensemble des processus d’une exploitation, perçue comme un véritable socio-écosystème. Pourtant, la recherche a encore peu étudié les liens entre risques économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, leurs interactions potentielles (synergies, rétroactions) ainsi que les bénéfices induits par la transformation agroécologique. Une approche intégrée et systémique de ces dynamiques est donc essentielle pour concevoir et mettre en œuvre des instruments adaptés (formation, soutien financier, politiques publiques, labels, etc.), favoriser l’acceptabilité sociale de la transition et en garantir le succès.

Comprendre les sources et les facteurs modulant les risques et bénéfices liés à la transformation agroécologique d’une exploitation agricole représente un enjeu scientifique et opérationnel majeur. Cela implique d’identifier à la fois les origines des risques économiques, sociaux, sanitaires et environnementaux, et les leviers capables d’en atténuer les effets. En effet, les pratiques adoptées et les modes de gestion choisis influencent non seulement l’ampleur des risques et des bénéfices, mais aussi les interactions entre les différents processus et systèmes concernés.

Les dynamiques de transformation ne se déploient pas de manière uniforme : elles dépendent de facteurs contextuels tels que les ressources disponibles, les dispositifs de soutien, les politiques publiques, les facteurs psychologiques et cognitifs du décideur, les normes sociales et les conditions écologiques locales. Les bénéfices attendus — amélioration de la résilience, sécurisation des revenus, réduction des impacts sanitaires et environnementaux — ne peuvent être pleinement atteints qu’en anticipant les effets indirects, les synergies et les rétroactions entre les composantes du système.

Adopter une approche systémique permet ainsi d’évaluer plus précisément l’acceptabilité et la faisabilité des transformations, et de concevoir des instruments adaptés pour accompagner efficacement la transition agroécologique. La considération de l’exploitation agricole comme un socio-écosystème met en évidence les interactions entre les processus écosystémiques et les processus décisionnels et sociaux, et permet d’appréhender la transition dans sa globalité, tant humaine qu’écologique. Dans ce cadre, les processus humains et les dynamiques écologiques sont interdépendants et évoluent ensemble, formant une dynamique commune. Cette perspective permet de comprendre comment les actions humaines modifient l’environnement et, en retour, comment les changements écologiques influencent l’organisation sociale, économique et culturelle (Ostrom, 2009). Une approche reposant sur le concept de socio-écosystème s’avère donc particulièrement pertinente pour la gestion durable des ressources et l’adaptation aux changements globaux, ce qui trouve toute sa légitimité dans le contexte d’une exploitation agricole.

Environnement de travail, missions et activités

Le projet de thèse visera à décliner le cadre conceptuel du risque à l'évaluation des risques multiples associés à la transformation agroécologique d’une exploitation agricole en mobilisant la notion de socio-écosystème (initiée dans le projet SESRisks financé par le Métaprogramme (MP) XRisques dans le cadre de son Appel à Manifestation d’intérêt 2023) afin d’identifier les synergies et antagonistes entre les risques et la manière dont la gestion des exploitants affectent les risques et les bénéfices.

La méthodologie reposera sur la collecte et l’analyse combinée de données quantitatives (climat, rendement, indicateurs socio- économiques) et qualitatives (perceptions, récits d’acteurs, savoirs locaux). Elle s’appuiera sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre (ZAPVS), territoire agricole de 450 km², où des recherches en agroécologie sont menées depuis 1994 en collaboration étroite avec les acteurs locaux. En particulier, nous travaillerons avec les agriculteurs du Living-Lab ‘2.Sèvres ’sur la ZAPVS avec lesquels les chercheurs explorent des Solutions fondées sur la Nature comme source de transformation agroécologique.(30 exploitations agricoles engagées). Cette base solide permettra d’analyser de manière inédite les risques et bénéfices liés à la transformation agroécologique.

Les connaissances produites pendant la thèse permettront d’alimenter le projet phare CAMURI soutenu par le MP XRisques. Ces apports pourront être de nature diverse : forme de relations, calibration des modèles ou aide à l’évaluation des modèles proposés. Le projet de thèse s’appuiera également sur les avancées de ce projet et du cas applicatif soutenu par ce projet portant sur l’élevage puisque plusieurs des agriculteurs du Living Lab 2.Sèvres sont en polyculture-élevage.

Programme de recherches : 

Ce projet de thèse s'articulera selon une logique de recherche en trois grandes phases, chacune visant à répondre à un ensemble d'objectifs scientifiques et techniques pour construire progressivement le modèle et valider ses apports.

Phase 1 : Développement conceptuel. Cette première phase consistera à concevoir et développer un modèle conceptuel de la transformation agroécologique d’une exploitation agricole. Il sera fondamental d’intégrer d’une part les interactions entre les systèmes écologiques et les systèmes sociaux et et d’autre part la représentation des risques multiples en interaction, décomposés en aléas / vulnérabilités / expositions pour notre cas d’étude. Le développement conceptuel cherchera à comprendre les interactions entre les risques (de nature différente) ainsi que les rôles des modes de gestion et de décision dans ces interactions. Pour ce faire, des analyses des données collectées sur la ZAPVS seront menées. Il s’agira par exemple de construire des équations structurelles pour quantifier les liens directs et indirects entre la prise de décision, les pratiques mises en œuvre (et en particulier celles relevant de l’agroécologie) et l’expression des risques décomposés en aléas / vulnérabilités / expositions.

Phase 2 : Quantification des risques sanitaires, économiques et de production, associés à la transformation agroécologique. Il s’agira de mettre en place de protocoles d’enquêtes pour collecter des données associées aux composantes décisionnelles et ) l’évaluation des risques (économiques, de production, sanitaire…) dans les exploitations du Living Lab 2.Sèvres. Les exploitations de ce Living Lab se distribuent sur un gradient d’avancée dans la transformation agroécologique (travail réalisé dans le cadre du PEPR SOLUBIOD) ce qui permettra d’évaluer les risques multiples et les bénéfices le long de ce gradient. Le ou la doctorante mènera des enquêtes ciblées auprès des agriculteurs. Si besoin, une partie des enquêtes sera menée par l’Ingénieure projet du PEPR SOLUBIOD.

Phase 3 : Analyse des données et synthèse des résultats et recommandations. Les données seront analysées pour mettre en exergue les éléments fondamentaux du modèle. L’accès sera mis sur le rôle des facteurs décisionnels afin de mesurer la fidélité comportementale du modèle en comparant les comportements des agents dans le modèle avec les données de terrain. Cette approche de validation permettra de garantir la robustesse scientifique du modèle, et sa qualité prédictive. Cette phase permettra ainsi de mieux comprendre le comportement et la perception des risques multiples par les agriculteurs.

Partenariat scientifique : 

La thèse se positionne à l'interface de deux domaines de recherche, ce qui nécessite une collaboration étroite entre deux équipes.

- Economie et modélisation :  Le travail bénéficiera de l'expertise de chercheurs expert dans le développement et l'application des modèles conceptuels (MIAT, CEBC-Resilience): Le doctorant recevra l’appui de chercheurs en économie comportementale pour assurer l'ancrage théorique du projet (MIAT).

- Agroécologie et Écologie : La collaboration avec les équipes travaillant sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre permettra l'accès aux données empiriques nécessaires à la paramétrisation du modèle, tout en assurant que le projet répond à de véritables questions de recherche en agroécologie (CEBC-Resilience).

 

Formations et compétences recherchées

Master/Ingénieur (Bac+5)

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Modalités pour postuler

J'envoie mon CV et ma lettre de motivation

Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr

Référence de l'offre

  • Contrat : Thèse
  • Durée : 36 mois
  • Début du contrat : 02/11/2026
  • Rémunération : 2300€ brut
  • N° de l'offre : OT-29176
  • Date limite : 10/07/2026

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