Thèse OT-28845
Doctorant-e en sciences sociales et agronomie des territoires : Les promesses des interactions élevage-culture à l’échelle des territoires : quels rôles de l’action collective territoriale pour des transitions agroécologiques justes ?
31320 AUZEVILLE TOLOSANE
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Présentation INRAE
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.
Environnement de travail, missions et activités
Environnement:
La thèse sera réalisée au sein de l’UMR Dynafor, à Toulouse, une unité de recherche interdisciplinaire croisant sciences sociales, écologie des paysages et agronomie des territoires. Elle sera encadrée par Cécile Barnaud, directrice de recherche INRAE en géographie humaine, coordinatrice du projet CRESCENDO, et Julie Ryschawy, maître de conférence en zootechnie - agronomie des territoires à l’ENSAT (école d’ingénieur AgroToulouse), et chercheuse accueillie à l’UMR SAS à Rennes.
Le contrat doctoral et les dépenses de la thèse sont financés par le projet CRESCENDO.
Objectifs:
Ce projet de thèse s’appuie sur le cas des interactions culture-élevage pour adresser un front de connaissance plus large sur le rôle des modes de gouvernance collaboratifs à l’échelle des territoires pour impulser des transitions agroécologiques justes. Il s’agit de mieux comprendre les freins et leviers de ces collaborations, mais aussi les trajectoires, les mécanismes, et les effets de ces collaborations dans différents contextes.
(1) Quels sont les apports potentiels des collaborations entre ferme de cultures et ferme d’élevage à l’échelle des territoires, en termes écologiques, sociaux et économiques ? Quelles sont les initiatives existantes, et les motivations des acteurs à s’y engager ?
(2) Quels sont les freins et leviers de ces collaborations dans différents contextes ? Quelles sont les trajectoires, les dynamiques de pouvoir à l’oeuvre, et les enjeux de justice associés ?
(3) Dans quelle mesure des démarches de coconception d’innovations associant les acteurs des territoires peuvent permettre d’accompagner des transitions agroécologiques justes, attentives aux enjeux de pouvoir ?
Méthodologie et terrains envisagés:
En termes disciplinaires, la thèse combinera des apports en sciences sociales sur les modes de gouvernance collaboratifs, les relations de pouvoir et la justice environnementale, et des apports en agronomie du territoire.
En termes méthodologiques, la thèse s’appuiera combinera des méthodes d’analyse qualitative basées sur des entretiens semi-dirigés et des méthodes de recherche-action participative, afin de comprendre et accompagner des initiatives de collaborations élevage-culture à l’échelles des territoires. Une première phase de la thèse s’appuiera sur une forme de traque aux innovations, pour identifier des initiatives existantes de collaborations élevage-culture, et faire un premier état des lieux des freins et leviers sociaux, techniques et économiques de ces innovations. Viendra ensuite une phase d’entretiens semi-directifs et d’observation participante sur les deux territoires d’étude, afin d’analyser des collaborations culture-élevage existantes ou émergentes, les représentations des acteurs associés, leurs motivations et réticences à s’engager dans ces collaborations, en fonction de leurs trajectoires, pratiques, intérêts et valeurs, et du contexte économique et institutionnel. Une méthode de cartographie participative sensible pourra être mobilisée lors de ces entretiens afin de situer les usages et les attachements individuels, mais aussi les collaborations et conflits d’usage. Enfin, une phase de recherche-action participative sera engagée si les contextes le permettent, et notamment si cela répond à un intérêt des acteurs des territoires étudiés. Des ateliers participatifs de coconstruction d’innovations seront alors proposés, en mobilisant des outils tels que les jeux sérieux. Dans ces ateliers comme dans l’observation participante, une attention fine sera portée aux relations de pouvoir et aux enjeux de justice associés.
La thèse sera insérée dans le projet de recherche CRESCENDO, un projet cluster de doctorant.es financé par le Programme SOLUBIOD sur les solutions fondées sur la nature. Le ou la doctorante fera partie d’un groupe de 6 doctorant.es travaillant sur un front de recherche commun : le rôle des modes
de gouvernances collaboratifs pour des solutions fondées sur la nature qui soient justes pour l’humain et le non-humain. Chaque doctorant aura ses propres terrains d’études et ses propres questions de recherche, mais un socle conceptuel commun permettra des apprentissages collectifs, des analyses comparatives, et une montée en généralité des résultats.
Des déplacements réguliers à Rennes et sur les terrains d’étude sont à prévoir. Elle s’appuiera sur deux terrains d’études d’interactions élevage-maraîchage dans des contextes contrastés, en Bretagne et en Ariège. En Bretagne, il s’agit d’un cas d’étude dans le Finistère Nord dans lequel une ségrégation est observée entre d’un côté des zones légumières avec un meilleur contexte pédoclimatique et de l’autre des zones d’élevage laitier reléguées dans des espaces plus marginalisés, avec une tendance à l’enfrichement. Des perspectives d’organisation collective associent des producteurs autour du pâturage de couverts et du développement de l’agriculture biologique. Le second cas d’étude est situé dans les Pyrénées Ariégeoises, territoire où c’est au contraire l’élevage pastoral qui domine, mais où s’installent de plus en plus de porteurs de projets en maraichage. En dépit de tensions fortes pour l’accès au foncier, dans un contexte de clivage entre différents modèles agricoles, un projet de recherche-action a fait émerger des collaborations entre ces acteurs (le projet Just Scapes, ayant donné lieu au film Demain, la vallée). Le Parc Naturel Régional des Pyrénées s’intéresse aussi à ces collaborations dans une perspective de gestion concertée des agroécosystèmes.
Formations et compétences recherchées
Titulaire d’un master 2 en sciences sociales (géographie, sociologie…) dans un domaine en lien avec les questions d’environnement et de transitions agroécologiques, ou d’un master 2 interdisciplinaire en agronomie / agroécologie / sciences de l’environnement avec une ouverture aux sciences sociales. Une première expérience de recherche avec conduite d’entretiens et analyse de données qualitatives serait appréciée.
Savoir-faire :
• Conduire des entretiens et analyser des données qualitatives
• Mobiliser des cadres théoriques en sciences sociales et/ou en agronomie des territoires
• Animer des échanges collectifs ou des ateliers participatifs
• Rédiger des travaux scientifiques en français et en anglais
Savoir-être :
• Intérêt pour le travail interdisciplinaire et le travail en équipe
• Capacité d’écoute et sens du dialogue avec des acteurs variés
• Esprit critique et capacité d’analyse et de synthèse
• Autonomie, rigueur et sens de l’organisation
Votre qualité de vie à INRAE
En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :
- jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.
Modalités pour postuler
Pour candidater, merci d’envoyer CV et lettre de motivation à cecile.barnaud@inrae.fr et julie.ryschawy@inrae.fr au plus tard le 1e juin 2026. Vous pouvez joindre à votre dossier une production écrite (ex : mémoire de master) attestant de votre capacité d’enquête, d’analyse et de rédaction.
Après une sélection sur dossier, des entretiens seront réalisés entre le 20 et 30 juin, pour une décision finale début juillet et une prise de poste le 1er octobre.
Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr