Thèse OT-28903
Leviers paysagers et agronomiques de gestion d’une nouvelle maladie des céréales en Occitanie : vers une gestion concertée des paysages agricoles ?
31320 AUZEVILLE TOLOSANE
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Présentation INRAE
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.
Environnement de travail, missions et activités
Dans un contexte d’augmentation des symptômes de la maladie de la Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO) dans le Sud-Ouest de la France, et de la restriction de l’usage d’insecticides systémiques contre les pucerons, insectes vecteurs de cette maladie, nous proposons d’explorer dans cette thèse des leviers agronomiques et écologiques, alternatifs aux intrants de synthèse, et les conséquences de leur articulation à différentes échelles (de la ferme à un ensemble de fermes dans les paysages).
Vous exercerez votre activité au sein de l'UMR Dynafor (Dynamique et Ecologie des Paysage Agriforestiers) dans le campus INRAE, centre Occtinanie de Toulouse et vous serez accueilli-e dans l'axe Grouve (Gestion et gouvernance des paysages agriforestiers) qui combine des apports en écologie, en sciences sociales et en agronomie pour explorer les verrous et leviers aux transitions agroécologiques à l'échelle des territoires. La thèse sera dirigée par Aude Vialatte (DR INRAE, Dynafor), agroécologue spécialisée dans la régulation biologique des ravageurs dans les paysages. Elle sera co-dirigée par Romain Carrié (CR INRAE, Dynafor) et Myriam Grillot (CR INRAE, AGIR). Romain Carrié est agronome du paysage et travaille sur les interactions entre activités agricoles et biodiversité, ainsi que sur les transitions dans les systèmes de productions. Myriam Grillot travaille sur les systèmes d'élevage et leur ancrage dans les territoires, via l’étude des interactions entre fermes (flux de nutriments) et leurs déterminants logistiques, techniques et sociaux.
La thèse s’inscrit dans le cadre du programme projet EcoCN du PEPR Solubiod, centré sur la compréhension et la gestion des solutions fondées sur la nature pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, la pollution des eaux et les changements climatiques. Dans ce cadre, la thèse visera à mobiliser des leviers agronomiques et paysagers pour favoriser la régulation biologique des ravageurs, tout en réduisant l’impact de l’agriculture sur ces trois externalités environnementales.
Dans ce projet de thèse, nous proposons une approche originale croisant agronomie et écologie du paysage pour identifier des combinaisons de leviers, différents par les processus biotechniques mobilisés (leviers agronomiques et écologiques) ou par leur échelle d’opérationnalisation (individuelle ou collective au niveau territorial). Nous nous focaliserons sur l’exemple de la régulation biologique des pucerons des céréales, puisqu’ils sont vecteurs d’une maladie virale émergente des céréales à paille dans le Sud-Ouest de la France, la Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO). Elle entraîne des pertes de rendement pouvant atteindre jusqu’à 80%, avec une sensibilité plus forte pour l’orge d’hiver que le blé d’hiver (Van den Eynde et al., 2020). En France, et plus particulièrement en Haute-Garonne, cette maladie a fortement touché les céréales à paille en 2024, avec plus de 40% des surfaces en céréales infectées et des pertes enregistrées de 46% pour le blé dur (CA Haute Garonne, 2024). Dans cette région, les automnes doux, la suppression des insecticides néonicotinoïde et le manque d’efficacité d’autres insecticides (pyréthrinoïdes) favorisent l’occurrence de la JNO et mènent certains agriculteur.ices à une impasse technique (CA Haute Garonne, 2024). Elle pourrait être levée en mobilisant des leviers agronomiques et écologiques alternatifs, mis en place à l‘échelle où les pucerons dispersent dans les paysages (Vialatte et al., 2006, 2007 ; Garcia-Figuera et al., 2024). Ces leviers nécessiteraient donc une gestion collective entre fermes, qui pourrait, par exemple, conduire à un renforcement des interactions culture-élevage dans le paysage, comme la substitution de la fertilisation azotée minérale par de la fumure organique rendant la sève moins brutalement nutritive (libération lente de l’azote), limitant donc la pullulation de pucerons (Hasken & Poehling, 1995); ou l’isolement spatio-temporel des parcelles de cultures sensibles au virus des sources de pucerons (complexification des rotations, décalage des semis ou optimisation de l’allocation des cultures ; Van den Eynde et al., 2020). Cependant, cette coordination des pratiques agricoles entre fermes d’un même paysage est rendue difficile du fait de freins économiques, organisationnels, sociologiques (perception ou non du bénéfice de la coopération) et techniques (Asai et al., 2018, Vialatte et al. 2025). Une approche quantifiant les bénéfices d’une régulation collective des pucerons vecteurs de la JNO pourrait donc être le point de départ pour la mise en place de collaborations entre fermes d’un même paysage.
La première partie de la thèse portera, après un travail bibliographique couvrant les bases théoriques du sujet, sur la mobilisation de données d’enquêtes (Living Lab Coteaux de Gascogne, zone de polyculture-élevage) obtenues en amont du projet (R. Carrié), afin de hiérarchiser les facteurs de risques agronomiques (structure des fermes et pratiques agricoles) et environnementaux (climat, contexte paysager) de la JNO, au sein d’une diversité de systèmes de productions de la région. Dans un deuxième temps, des enquêtes systèmes seront réalisées dans un sous-échantillon de ces fermes afin d’identifier des archétypes de gestion individuelle de la JNO et leurs capacités à minimiser le risque (en lien avec partie 1), et de comprendre les règles de décisions des agriculteur.ices ainsi que leurs déterminants technico-économiques. Ensuite, grâce à des ateliers collectifs rassemblant des agriculteur.ices voisin.es, des scénarios de gestion (impliquant des ajustements et reconfiguration de certains paramètres des systèmes de culture et d’élevage) pourront être identifiés et évalués via un processus itératif. Finalement, l’étudiant.e analysera l’articulation des leviers individuels et collectifs, ainsi qu’avec des leviers à l’échelle des filières de production (en lien avec d’autres projet en cours).
Le principal des activités se déroule en bureau, à Castanet Tolosan. Des déplacements réguliers sur le terrain, dans les Coteaux de Gascogne, sont à prévoir.
Le principal des activités se déroule en bureau, à Castanet Tolosan. Des déplacements réguliers sur le terrain, dans les Coteaux de Gascogne, sont à prévoir.
Formations et compétences recherchées
Formation requise : Ingénieur agronome, agroécologue avec des compétences en agronomie systèmes et un bon socle d’écologie, avec une expérience dans la recherche, via des stages.
Connaissances souhaitées : maîtrise des enjeux de liés à la transformation des systèmes agri-alimentaires face à la crise climatique et de la biodiversité.
Intérêt : pour les analyses quantitatives à l’échelle des paysages et la concertation multi-acteurs (ateliers collectifs), pour la production de connaissances scientifiques (synthèse bibliographique, rédaction, analyse et traitement de données, etc.)
Aptitudes recherchées : Maîtrise de l’anglais et du français scientifique, à l’oral ainsi qu’à l’écrit.
Votre qualité de vie à INRAE
En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :
- jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.
Modalités pour postuler
J'envoie mon CV et ma lettre de motivation
Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr