Thèse : projets agricoles citoyens et les Solutions Fondées sur le Nature

63170 Aubière

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Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Environnement de travail, missions et activités

Vous exercerez votre activité au sein de l’Unité Mixte de Recherche Territoires et votre mission consistera à réaliser une thèse en géographie, dont le titre provisoire est « Projets agricoles citoyens et solutions fondées sur la nature : quelles gouvernances entre trajectoires individuelles et territoires ? »

Dans un contexte de recompositions du secteur agricole, de nouveaux profils d’actifs agricoles émergent. Parmi ces derniers, des individus Non Issus du Milieu Agricole adoptent parfois des formes sociétaires inspirées ou empruntées au secteur de l’Économie Sociale et Solidaire, ou mobilisent les statuts classiques de l’agriculture en réinventant les gouvernances à l’œuvre. Ces citoyen.ne.s portent des projets collectifs qui explorent de nouveaux cadres d’exercice du métier d’agriculteur.trice. Ce faisant, ils et elles cherchent à répondre à différents enjeux parmi lesquels le maintien et/ou la restauration de la biodiversité et le développement des coopérations humains/non-humains, le renouvellement des actifs agricoles, le renforcement d’une offre alimentaire de qualité au niveau local et la justice alimentaire et sociale. 

Alors que certain.ne.s auteur.trice.s soulignent le caractère expérimental et diffus des initiatives portées par ces collectifs, d’autres soutiennent qu’ils sont en mesure de contribuer à la transformation des systèmes agricoles et alimentaires. 

Dans cette thèse, vous interrogerez la manière dont les citoyen.ne.s impliqué.e.s dans des projets collectifs agricoles mettent en œuvre des Solutions Fondées sur la Nature pour participer à ces transformations. Vous vous intéresserez en particulier à des collectifs qui œuvrent pour la restauration ou l’amélioration d’agro-écosystèmes, par la mise en articulation de différents ateliers de production biologique et de transformation des produits des cultures et de l’élevage, et des activités dites de renaturation d’espaces non dédiés à la production agricole (lisière, zones humides et aquatiques, ...). 

Il s’agira d’analyser la façon dont les collectifs agricoles citoyens opèrent des arrangements chemin faisant entre le sens donné à leur projet, sa gouvernance et la mise en place effective de solutions fondées sur la nature. L’hypothèse sous-jacente est que la mise en œuvre des SFN par ces collectifs se situe à la rencontre des trajectoires personnelles des individus partie-prenante et des caractéristiques des territoires sur lesquels se déploient les projets. 

Ainsi la question générale peut-elle se décliner en deux ensembles de questions interdépendantes ? 

  1. Le premier ensemble de question vise à qualifier les interactions entre la trajectoire du projet (le sens qui lui est donné, sa gouvernance, la matérialisation des SFN) et les trajectoires individuelles des partie-prenante. Comment ces dernières influencent-elles le sens donné à l’action collective et sa gouvernance ? 

    Comment évoluent les collaborations entre ces individus partie-prenante ?

    En retour, dans quelle mesure la participation des individus au projet (selon les formes avec lesquelles ils interviennent dans le projet collectif) renforce-t-elle leurs compétences et leur pouvoir d’agir directement sur le système agricole et alimentaire ? 

     

  2. Le second ensemble de questions porte sur les interactions entre le projet collectif et le contexte dans lequel il se déploie. 

    Comment se construisent chemin faisant les collaborations avec les acteurs du territoire et à d’autres échelles ? 

    Dans quelle mesure le projet est-il légitimé localement ou, à l’inverse, source de conflits ? 

    Dans quelle mesure les interactions avec les acteur.trice.s des filières, des collectivités ou les habitant.e.s favorisent-elles ou freinent-elles les stratégies du collectif ? 

    En retour, quels sont les effets du projet sur le territoire et à d’autres échelles : quel renouvellement des configurations d’acteur.trice.s locaux ? 

    Quel impact sur les représentations des enjeux relatifs à l’agriculture et l’alimentation des habitant.e.s ? 

    Quelle visibilité du projet ? 

    Quels impacts sur les normes et règles sur le territoire et à d’autres échelles ?

Afin d’apporter des éléments de réponse à ces questions, la thèse entrera par la comparaison d’études de cas approfondies. 

Deux cas d’étude sont d’ores et déjà retenus :

  1. Le premier est celui de la Ferme de Sarliève. Cette ferme d’un tenant de 80 hectares est située sur la plaine de la Limagne (Puy-de-Dôme), marquée par la présence d’une céréaliculture intensive, soumise à l’expansion urbaine. Trois associations (Terre de Liens, Bio63 et Ilots Paysans) créent en 2019 le projet de ferme agroécologique en polyculture-élevage. Depuis 2022, la ferme a un statut de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) et fédère plus de 60 individus selon des implications variables (employé, responsabilité au directoire ou conseil de surveillance, participation aux séminaires coopératifs, associé, …). Collaborent également les citoyen.ne.s adhérent.e.s d’une association créée pour soutenir les activités non lucratives de la ferme, ainsi que les acteur.trice.s des collectivités territoriales et des filières (coopérative, autres producteur.trice.s).
  2. La Ferme de la Petite Mouliche est située à Cunlhat, au sein du parc naturel régional du Livradois-Forez (Puy-de-Dôme). En 2023, 8 personnes ont acheté les terres et le bâtiment d’une ancienne ferme de vaches laitières en conventionnel sur une cinquantaine d’hectares, après trois années de montage du collectif, d’organisation d’une gouvernance partagée, de formalisation de ses valeurs et d’élaboration d’un plan de développement de la ferme. Constitué aujourd’hui en GAEC, le collectif poursuit des activités d’élevage de brebis et de chèvres laitières avec transformation du lait en yaourts et fromages, du maraîchage diversifié, des cultures de céréales avec transformation en farines puis en pains, le tout selon les principes d’une agriculture paysanne et agroécologique (labellisé AgriBio ou en conversion). 
  3. Un troisième terrain sera défini ultérieurement, au regard des premiers éléments d’analyse tiré des deux premiers cas.

La thèse s’inscrira dans le champ de la géographie des transitions, en insistant sur la diversité des leviers territoriaux (réseaux d’acteur.trice.s en présence, conditions matérielles, identité territoriale) conditionnant les formes d’engagement individuel et collectif et les différentes modalités de leur influence sur la restauration et l’amélioration des agro-écosystèmes. Pour les deux premiers cas d’étude, le travail de terrain consistera en des périodes d’immersion au sein de la ferme (observation participante et participation observante, dont les modalités précises seront co-construites en début de thèse avec les porteurs des deux projets) et en la réalisation d’entretiens semi-directifs à la fois auprès des partie-prenante du collectif et des acteur.trice.s du territoire (acteur.trice.s des filières, élu.e.s, chargé.e.s de mission des collectivités territoriales, acteur.trice.s associatifs, habitant.e.s). De façon à saisir le processus d’action collective et plus précisément l’évolution interactive entre sens, gouvernance, et matérialisation des projets, l’analyse pourra s’appuyer sur la formalisation du projet et de ses facteurs sous forme de chronique co-construite avec les partie-prenantes des projets. 

Vous serez plus particulièrement en charge de :

1. construire le cadre conceptuel et analytique et élaborer l’itinéraire méthodologique, en collaboration avec les partie-prenante des deux projets collectifs ;

2. conduire les activités pour le recueil des données qualitatives ;

2. réaliser l’analyse et valoriser les résultats dans les arènes académiques.

Conditions particulières d’activité : immersion sur les fermes étudiées, participation à des colloques et séminaires

Formations et compétences recherchées

Master/Ingénieur (Bac+5)

Formation recommandée : Bac+5 en géographie sociale, développement territorial, innovation sociale

Connaissances souhaitées : 

  • milieu associatif en milieu rural et/ou dans le domaine de l’alimentation ;
  • conduite et analyse qualitative d’entretiens semi-directifs ;
  • principes de la recherche-action et des dispositifs participatifs ;
  • enjeux des systèmes agricoles et alimentaires, et des acteur.trice.s de la gouvernance territoriale de l’alimentation ;

Expérience appréciée : rédaction de précédents mémoires académiques, mise en place de dispositifs participatifs et de médiation, implication dans le secteur associatif lié à l’alimentation et/ou l’agriculture.

Aptitudes recherchées : bon niveau d’anglais (revue de littérature scientifique, communication orale), capacités d’analyse, de synthèse et de rédaction, rigueur et autonomie.

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein) ;
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Le site des Cézeaux est desservi par la ligne de Tram A, il est également équipé de stationnements et de services dédiés à la pratique du vélo.

Modalités pour postuler

J'envoie mon CV et ma lettre de motivation

Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr

Référence de l'offre

  • Contrat : Thèse
  • Durée : 3 ans
  • Début du contrat : 01/09/2026
  • Rémunération : 2 300€ brut en 2026 évolutif conformément à l'arrêté du 29 août 2016
  • N° de l'offre : OT-28876
  • Date limite : 30/04/2026

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