Thèse OT-11678

Diversification des cultures en France : impacts sur l’utilisation des produits phytosanitaires, la biodiversité et l’équilibre des productions agricoles

78850 Thiverval-Grignon

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Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 268 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Environnement de travail, missions et activités

L’agriculture française est confrontée à un nombre croissant de défis pour assurer la durabilité du secteur (Tilman et al., 2002) qui nécessitent notamment une transition des systèmes de culture vers l’agroécologie. Cette innovation implique que les nouveaux systèmes s’appuient sur la biodiversité, sauvage comme cultivée, en utilisant davantage les régulations biologiques, avec l’objectif de réduire le recours aux intrants synthétiques (Doré et al., 2011). La diversification des cultures abordée dans le temps, avec les rotations, ou dans l’espace, avec des associations de différentes espèces ou variétés dans une même parcelle (les mélanges de cultures), est un exemple de changement de pratique dont on attend des bénéfices environnementaux, économiques et sociaux au niveau de l’exploitation et du territoire (Malézieux et al., 2009).
A la parcelle, la diversification des cultures introduit de multiples avantages pour le rendement des cultures en termes de quantité et de stabilité face aux stress biotiques et abiotiques (Lin, 2011 ; Hufnagel et al. 2020). La diversification des cultures, en offrant un environnement hétérogène dans l’espace et dans le temps, favorise le développement de la biodiversité auxiliaire qui améliore la résistance des systèmes agricoles aux bioagresseurs, limite le développement des adventices et joue un rôle fondamental pour réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytosanitaires (Lechenet et al., 2016). La diversification influence aussi la biogéochimie du sol (cycle du carbone, azote et de l’eau) en contribuant à réduire l’utilisation des fertilisants azotés et des ressources non renouvelables (Barot et al., 2017 ; Adeux et al., 2019 ; Jensen et al., 2020). Enfin, dans une dynamique d’adaptation continue des systèmes productifs sujets à de multiples perturbations (marchés, politiques publiques, bioagresseurs, climat), la diversification des cultures permet d’accroître la durabilité socio-économique des systèmes de production agricoles (Bedoussac et al., 2015 ; Raseduzzaman et Jensen 2017).
Malgré ces multiples avantages potentiels, les mélanges de cultures et variétés en France se limitent en 2021 à des mélanges d’espèces (fourragères) avant tout en polyculture élevage et à des mélanges de variétés (blé) dans les systèmes céréaliers. Ceci tient à un ensemble de contraintes qui vont de la qualité des semences à utiliser en mélanges jusqu’aux difficultés à intégrer de tels mélanges dans des filières d’alimentation animale et humaine conçues pour des productions mono-spécifiques standardisées. Par ailleurs les effets de la diversification des cultures sont souvent mesurés à la parcelle (Meynard et al., 2018). L’intégration au niveau de l’exploitation demande à être précisée. L’effet de levier pour la réduction de l’usage des produits phytosanitaires à l’échelle du territoire mérite aussi d’être évalué.
La thèse se propose d’évaluer le potentiel de réduction de l’usage des produits phytosanitaires permis par la diversification des cultures (rotations et mélanges), en tenant compte de la diversité des systèmes de production. L’étude de scénarios de généralisation de systèmes plus diversifiés sur les surfaces agricoles françaises permettra également d’évaluer des effets sur la biodiversité et sur les évolutions attendues des volumes produits au niveau national.
Cette recherche combinera des enquêtes en exploitations agricoles et auprès d’experts avec des analyse de bases de données nationales informant (1) l’occupation des sols agricoles (Registre Parcellaire Graphique ; Levavasseur et al., 2016) (2) l’usage des produits phytosanitaires (enquêtes pratiques culturales, réseau Dephy, Banque Nationale des Ventes Distributeur) (3) l’effet sur la biodiversité (Observatoire Agricole de la Biodiversité). Parmi les scénarios d’accroissement de la diversification on testera plus particulièrement ceux portant sur le développement des semences de mélanges (résultats du projet MoBiDiv). Les résultats de cette recherche visent à apporter une contribution directe à l’identification des leviers et des obstacles à l’insertion des cultures diversifiées dans les systèmes agricoles nationaux, et de contribuer à la formulation de nouvelles politiques publiques orientées vers une transition écologique efficace.
La thèse se déroulera à l’UMR INRAE AgroParisTech SADAPT (Département ACT) à Thiverval-Grignon jusqu’à la rentrée 2022 puis à Saclay. Elle sera inscrite à l’école doctorale ABIES (AgroParisTech Université- Paris-Saclay) et sera financée par le projet MoBiDiv.

Formations et compétences recherchées

Master/Ingénieur (Bac+5)

Ingénieur ou master en agronomie / ingénieur ou master en sciences de l’environnement ou géosciences avec un goût pour les approches systémiques multi-échelles ;
Maîtrise de logiciels de traitement statistique/modélisation (R, Python, ...) et d’analyse spatiale (QGIS, ArcGIS, ...) ;
• Aptitude à communiquer en français et en anglais (oral et écrit) et à travailler avec une équipe de recherche interdisciplinaire ainsi qu’avec des acteurs non académiques (élus, agriculteurs, décideurs).

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Modalités pour postuler

Modalités pour postuler:  Transmettre une lettre de motivation et un CV avec deux référents à :
- Philippe Martin philippe.martin@agroparistech.fr
- Marco Carozzi marco.carozzi@inrae.fr
- Nicolas Munier nicolas.munier-jolain@inrae.fr
- Emmanuelle Porcher emmanuelle.porcher@mnhn.fr

Offre d'emploi INRAE_These_SADAPT.pdfpdf - 209.82 KB

Référence de l'offre

  • Contrat : Thèse
  • Durée : 3 ans
  • Début du contrat : 01/10/2021
  • Rémunération : 1417€ net par mois
  • N° de l'offre : OT-11678
  • Date limite : 28/06/2021
Le centre Ile-de-France - Versailles-Grignon

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