Postdoc OT-11417

Post-doctorat sur la conception et le test de schémas d’atténuation du changement climatique dans le secteur agricole

21000 DIJON

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Présentation INRAE

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 268 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

Environnement de travail, missions et activités

Vous serez accueilli-e au sein de  l’unité mixte de recherche (INRAE et Agrosup Dijon) CESAER, Centre d’Economie et de Sociologie appliqués aux Espaces Ruraux, à Dijon. Vous contribuerez aux travaux de l’axe Dynamiques et Aménagement des Territoires et de la thématique transversale Territoires d’alimentation et agricultures durables. Vous serez encadrés par Valentin Bellassen et Sophie Legras.

Vous serez plus particulièrement en charge d’un projet de recherche portant sur la conception et le test de schémas d’atténuation du changement climatique dans le secteur agricole, articulé en deux tâches.

  • Tâche 1 : compromis optimaux entre coût et précision du SNV (suivi, notification et vérification) dans la conception de paiements pour services environnementaux

Les règles de suivi, de notification et de vérification (MNV) des programmes d'atténuation du changement climatique tels que les paiements pour services environnementaux (PSE) aux agriculteurs ont de nombreuses variantes : procédure obligatoire unique, choix dans un menu d'options, paiements actualisés avec incertitude, obligation / fréquence de la visite sur le terrain. L'objectif de cette tâche est d'identifier quel ensemble de règles est optimal, en fonction du contexte (type de pratique envisagée, importance de l'asymétrie d'information, caractéristiques du PSE). Il se déroulera en trois étapes et donnera lieu à un article académique ou à une étude publique. Laure Bamière (UMR Economie Publique) contribuera à encadrer cette tâche.

La première étape consiste à identifier et quantifier les sources d'incertitude liées au suivi des émissions d'un ensemble de pratiques d'atténuation du changement climatique dans le secteur agricole. Cette quantification sera réalisée au travers d'entretiens avec les experts du consortium, appuyés, si nécessaire, par une recherche documentaire, et couvrira à la fois le scénario de référence et les émissions réelles. Grâce à trois études récentes (Foucherot et al., 2019; Pellerin et al., 2019, 2013), cette étape devrait être assez simple dans le contexte français. Une extension européenne basée sur les données du RICA devrait être envisagée mais n'est pas une priorité.

La deuxième étape consiste à adapter le modèle microéconomique d'un projet de réduction des émissions qui conduit à un arbre de décision pour les règles de surveillance de Bellassen et Shishlov (2016) aux cas agricoles considérés. Le meilleur choix de règle de surveillance est ainsi déterminé en fonction (i) du degré d'asymétrie d'information entre le régulateur et le chef de projet; (ii) le profil de coût du projet; (iii) de l'objectif du régulateur (maximiser le bien-être et / ou minimiser le transfert de ressources indues). Sur ces trois points, le modèle sera adapté aux pratiques agricoles sélectionnées dans l’étape 1. Une attention particulière sera portée à la contrainte budgétaire et à son impact sur le choix des règles de suivi.

Enfin, sur la base des deux actions précédentes, les meilleures règles de suivi seront déterminées pour les pratiques agricoles sélectionnées. La sensibilité de ce résultat au degré d'asymétrie de l'information, au profil de coût du projet et à l'objectif du régulateur sera testée. La structure du modèle et les exigences qui en découlent seront discutées pour tester son réalisme et son acceptabilité, et pour réviser le modèle et ses paramètres le cas échéant.

  • Tâche 2 : Essai expérimental de conceptions alternatives pour un PSE visant à augmenter les rendements végétaux dans les fermes d'élevage

Les productions animales représentent environ les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre provenant des aliments (Rogissart et al., 2019). Des études à grande échelle montrent que les émissions alimentaires ne peuvent être réduites de plus de 10 à 20% par les seules pratiques agricoles, c'est-à-dire sans réduire la consommation de produits animaux (ex.: Pellerin et al., 2013; Pérez Domingez et al., 2016; Poux et Aubert, 2018; Tibi et al., 2020). Ces faibles niveaux de réduction des émissions ne sont pas compatibles avec les objectifs de l'Union européenne et de la France (ADEME, 2013; Foucherot et al., 2013). La réduction du cheptel et de la consommation de protéines animales est donc une condition nécessaire pour atteindre les objectifs européens et français d'atténuation du climat. C'est également un levier clé sur de multiples aspects de la durabilité des systèmes alimentaires (ex: Bonnet et al., 2020).

Malgré cet impératif clairement identifié, aucun PSE ne vise actuellement à réorienter les élevages vers des productions plus végétales. L'objectif de cette deuxième tâche est de concevoir un tel PSE et de tester son attractivité auprès des agriculteurs et son efficacité à travers une approche expérimentale. L'option par défaut serait une expérience de choix discret en ligne (Discrete choice experiment, DCE), mais des alternatives telles que des expériences en laboratoire ou sur le terrain pourraient être explorées. La DCE permet d’évaluer les préférences ou les décisions des personnes dans des situations hypothétiques, en leur présentant une série d’ensembles de choix parmi lesquels choisir. Ce faisant, ils doivent faire un compromis entre les attributs monétaires (tels que le niveau du paiement PSE) et les attributs non monétaires (comme la durée du contrat PSE, par exemple). Les DCE ont été utilisés pour évaluer la volonté des agriculteurs de participer à des programmes agro-environnementaux axés sur l'adoption de cultures dérobées, l'utilisation de pesticides, la protection de la biodiversité ou le reboisement (Espinosa-Goded et al., Christensen et al., 2011, Breudstedt et al., 2013, Broch et Vedel, 2012, Kuhfuss et al., 2016). Les expériences en laboratoire et sur le terrain permettent de tester le comportement économique en réponse à une intervention politique. Les participants sont confrontés à un ensemble de règles et à une incitation financière, de sorte qu'ils sont rémunérés au début de l'expérience en cohérence avec leurs choix. Ils ont été utilisés pour informer la conception de la politique agricole, en particulier la conception des enchères de conservation (Cason et al.2003, Schilizzi et Latacz-Lohmann, 2007), le bonus d'agglomération (Parkhurst et al., 2002, Banerjee et al., 2014) ou des caractéristiques plus générales telles que le cadrage des politiques de la PAC (Thomas et al., 2019). L'approche expérimentale sera choisie en cohérence avec la première tâche, au cours du projet. Un partenariat avec des professionnels locaux (coopératives, GIEE, Chambres d’agriculture,…) sera primordial. À cet égard, le candidat bénéficiera de l’implication des superviseurs dans d’autres projets dans lesquels de tels partenariats sont essentiels (comme le projet H2020 LIFT en Pays de la Loire).

Formations et compétences recherchées

Doctorat
  • Formation recommandée : une thèse en économie est requise
  • Connaissances souhaitées : intérêt pour l’économie de l’environnement ou l’économie agricole, en particulier pour la conception de politiques publiques ou de paiements pour services environnementaux
  • Expérience appréciée : une expérience dans les approches expérimentales (expériences de choix discret ou économie expérimentale) est un plus.

Date limite pour postuler : le 20 décembre 2021, mais nous vous encourageons à postuler plus tôt. Un recrutement au 1er septembre 2021 est envisageable si un candidat ou une candidate approprié-e est identifié-e à cette date.

Votre qualité de vie à INRAE

En rejoignant INRAE, vous bénéficiez (selon le type de contrat et sa durée) :

-  jusqu'à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- d'un soutien à la parentalité : CESU garde d'enfants, prestations pour les loisirs ;
- de dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle ;
- d'un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux ;
- de prestations vacances et loisirs : chèque-vacances, hébergements à tarif préférentiel ;
- d'activités sportives et culturelles ;
- d'une restauration collective.

Modalités pour postuler

J'envoie mon CV et ma lettre de motivation

Référence de l'offre

  • Contrat : Postdoc
  • Durée : 2 ans
  • Début du contrat : 01/09/2021
  • Rémunération : 2370€ net, selon le niveau d'expérience
  • N° de l'offre : OT-11417
  • Date limite : 20/12/2021

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